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Martine Thérien a choisi la terre comme médium d'expression depuis plus de vingt ans. Ses études en tournage ont vite dérivé vers la sculpture. Elle a cependant gardé de ce premier apprentissage en poterie le goût de la forme, de la répétition et de la fonction. Chaque pièce est faite à la main par pinçage, évidage ou montée à l'aide de colombins. Certaines pièces sont d'abord tournées pour être ensuite façonnées. Fascinée par la nature de la terre, elle tente de rester le plus près possible du matériau pour en exprimer toute la beauté originelle.

Elle cuit ses pièces selon des techniques s'apparentant au " raku " et à la cuisson primitive (cuissons à basse température) car elle aime que la terre soit tendre, poreuse, presque encore organique. Elle affectionne particulièrement les patines douces et satinées; c'est pourquoi beaucoup de ses pièces sont recouvertes de " terres sigillées ", terres très fines obtenues par décantation, qui sont par la suite polies et enfumées. La thématique de son travail est issue en grande partie de l'imagerie animalière; la nature et la relation d'amour entre les êtres y joue un rôle prépondérant.

Dans ce monde fantaisiste, les fées, les gnomes, les chats, les chèvres, les oiseaux nous racontent des histoires et éveillent notre imaginaire. Les animaux lourds et sensuels comme les buffles, les taureaux, les béliers nous rapprochent du sol alors que les chevaux aux personnages ailés nous transportent vers des terres lointaines où l'idéal prend la place de la réalité.

Mode de cuisson

Le " raku " est une technique de cuisson issue du Japon où elle est associée à la fabrication des bols servant à la cérémonie du thé.

Les pièces émaillées sont chauffées dans un four jusqu'à ce que la glaçure atteigne son point de fusion c'est à dire jusqu'à ce que celle-ci nappe parfaitement la pièce et devienne très brillante.

La pièce est alors retirée du four promptement à l'aide de pinces et elle est déposée dans une cuve contenant de la paille, du brin de scie ou même du feuillage qui au contact de la pièce incandescente s'enflamme. Le feu aussitôt étouffé provoque une épaisse fumée; ceci a pour effet de dessiner un fin réseau de craquelures dans la glaçure qui tressaille et de noircir la terre là où elle est nue.

Si la glaçure contient certains métaux comme du cuivre, par exemple, la pièce présentera des surfaces iridescentes changeantes selon les phases d'oxidation-réduction. Pour figer l'effet de ces métaux, la pièce pourra être plongée encore très chaude dans l'eau froide.

Cuisson primitive

La cuisson primitive est aussi une technique de cuisson où l'enfumage de la pièce joue un rôle très important. Il se fait aussi à partir de brin de scie, de paille ou de feuilles mortes et doit se faire à une température assez haute pour vraiment pénétrer dans la pièce.

Patine

Pour créer une patine douce et satinée sur mes pièces, je les enduis avant cuisson d'une " terre sigillée ". dans son nom latin d'origine " Terra sigellata " qui veut dire terre qui scelle, car elle servait à imperméabiliser les contenants.

La terre sigillée est obtenue à partir de la décantation de la terre séchée et mise en poudre à laquelle on a rajouté de l'eau et une petite quantité de d'adoucisseur d'eau pour permettre la séparation des molécules et la décantation. La terre sigillée est la mince couche de terre qui se retrouve à la surface de la terre ainsi décantée. Elle est composée des molécules les plus fines. Après application sur la pièce, elle a la propriété d'être très douce au toucher et de briller lorsqu'elle est frottée avec un chamois.

La terre sigillée peut être appliquée par immersion, vaporisation ou tout simplement, comme je le fais, au pinceau. On applique trois ou quatre couches sur la terre crue et on frotte avec un chamois entre chaque couche.

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